Verdun et les champs de bataille de la Première Guerre mondiale

Quelques jours passés dans la Meuse à l’occasion du centenaire de la bataille de Verdun (février/décembre 1916).

Toujours accompagnés de nos mini-routards (presque 6 et 9 ans ET DEMI), les choix doivent être réfléchis consciencieusement… Mini-routard n*1 est en effet très affectée par toute cette histoire « brute »…

1-la citadelle souterraine de Verdun est un must! Il s’agit d’un parcours en wagonnet (25/30 minutes) dans l’ancien centre logistique de la bataille. Base dans laquelle 10 000 hommes arrivés par la Voie Sacrée transitent avant de partir au front. On traverse successivement la boulangerie (qui tournait nuit et jour pendant la guerre: 28 000 rations de pain par jour!), le réfectoire, le service du courrier ou encore l’infirmerie…

Les 5/10 dernières minutes se font à pied, à travers des « tableaux » qui s’animent…et on assiste au choix du Soldat inconnu (du 10 novembre 1920), celui qui se trouve aujourd’hui sous l’Arc de Triomphe.

Dans le hall, quelques objets avec une notice explicative. J’ai beaucoup apprécié cette dernière partie car elle permet de faire le point sur toute la ferraille que l’on avait trouvé dans les tranchées!

Pour info, la citadelle a été édifiée au XVIIe siècle, aménagée par l’armée française puis percée de galeries souterraines à partir de 1884!
Petites recommandations d’ordre pratique:
1. Réservation OBLIGATOIRE! Nous sommes arrivés un lundi, en plein mois d’avril et c’était complet…en effet, les wagonnets ne comptent que 9 places…et démarrent toutes les 6 minutes. Adulte: 9€/enfant: 5€
2. Pensez aux manteaux/bonnets/écharpes…il fait froid au printemps dans la citadelle! Et pourtant, on y avait installé pendant la guerre une ventilation pour l’été et un chauffage à vapeur pour l’hiver!!

2-le fort de Douaumont
Nous avons choisi le fort et non l’ossuaire car nous étions accompagnés sur l’étape par les cousins de 5 ans et 18 mois… Attention donc au choix du lieu car l’ossuaire peut choquer les âmes sensibles. Le cimetière est déjà fortement impressionnant…
Le fort de Douaumont est donc la clé de voûte du système fortifié de Verdun: 3 ha et 3 km de galeries. Construit après la défaite de 1870-car la Moselle annexée ne se trouvait qu’à 50 km de là, et curieusement déclassé dès le début de la guerre car les combats avaient lieu en Argonne et aux Eparges, il est pris par l’armée allemande dès le début de la bataille, et sans combattre! Bombardé sans cesse par l’artillerie française, surpeuplé, les Allemands y perdent 679 hommes le 8 mai 1916 à cause d’une explosion qui ensevelit le régiment… Reconquis après 8 mois de combats par l’infanterie coloniale du Maroc, il garde les stigmates d’âpres batailles.

Les explications se font grâce à un audio guide, sans surplus de prix (adulte: 4€/ enfant: 2€ à partir de 8 ans.) Attention, couvrez-vous!

Sur le toit du fort, balade instructive pendant laquelle on approche des tourelles. Celle du canon de 155 se lève comme un couvercle, le canon sort et tire et la tourelle redescend. Temps de la manœuvre: 4 secondes!

3-La fosse d’Alain-Fournier (auteur du Grand Meaulnes) et ses camarades.
Elle se situe dans le bois de Calonne (Brrr…), au bout d’un chemin que l’on emprunte depuis la route.

Les soldats, morts en 1914, n’ont été retrouvés qu’en 1992…et leur histoire fait partie des énigmes de la Première Guerre mondiale…. Aujourd’hui, le lieu est symbolisé par une pyramide de verre et des panneaux explicatifs.

Tout autour du site, des tranchées et des boyaux plus ou moins bien conservés.

Attention! N’y allez pas un jour de grisaille et de brouillard… C’est angoissant au possible…
Sa tombe se trouve dans le cimetière français de St-Remy-la-Calonne.

4-Le Point X, les Eparges et les entonnoirs
La crête des Eparges offre une très belle vue sur la plaine de la Woëvre!

Le site conserve la mémoire des combats de 1915, et plus particulièrement de la guerre des mines (souterraines), qui explique la formation de larges et profonds « entonnoirs ».

Divers monuments le long de la route (et randonnée balisée de 2h30) pour arriver au point X, monument dédié « à ceux qui n’ont pas de tombe ».

Il rappelle que sur les 50 000 morts aux Eparges, 10 000 n’ont pas été retrouvés. C’est le cas de la dépouille de Louis Pergaud, prix Goncourt et auteur de la Guerre des Boutons..
Ne pas manquer le boyau « Maurice Genevois ». L’écrivain a en effet consacré une grande partie de son œuvre « Ceux de 14 » aux Eparges.

5-et parce que c’est important, passez voir un cimetière allemand, aux croix noires… Il y en a un intéressant près du village de Lacroix sur Meuse qui vous permettra d’expliquer que des Juifs allemands se sont aussi battus pour leur pays entre 1914 et 1918….avant d’être privés de leur citoyenneté allemande en 1935 avec les lois de Nuremberg…

7-Petit tour au centre mondial de la Paix, des libertés et des droits de l’homme car le centre propose un bon choix de bouquins…et des expositions temporaires!

Verdun a en effet reçu de l’ONU le statut de capitale mondiale de la Paix, des libertés et des droits de l’homme en 1987!

Pour finir, et parce qu’il faut terminer sur une note plus gaie, promenez-vous non pas dans les bois mais dans les vergers des Côtes de Meuse!
Mirabelliers en fleurs au printemps, c’est la meilleure saison pour profiter du spectacle!

Petit tour au passage à Combres-sous-les-côtes, au Domaine de Muzy et à Billy-sous-les-côtes au domaine de Montgrignon pour déguster les bons vins locaux et les produits à base de mirabelle!

Enjoy!